Extrait Lionel Cruzille

Lionel Cruzille

Lionel Cruzille , le 27/11/16

Extrait du livre téléchargeable TEMOIGNAGES CONTEMPORAINS SUR L’EVEIL:

« Puis, lors d’une énième cession de prière, par terre à côté de mon lit chez mes parents, au cœur d’une souffrance intérieure volcanique, une brèche s’ouvrit brièvement. Et je vis alors clairement que je refusais, complètement. Je refusais tout. J’étais un bloc de colère et de « non » à ce qui est, à tous niveaux. J’étais aux antipodes de ce que j’étais censé pratiquer et vivre : « l’acceptation de ce qui est ». Le choc, la prise de conscience fut si forte et si soudaine qu’une digue s’effondra en moi. Je m’allongeai et lâchai complètement. Ce fut très simple, très « pur », très paisible. Je priais les jours qui suivirent encore et encore. Et chaque peur, chaque souffrance, qui ne manquait pas de remonter, je la remis au Divin. Si bien, que régulièrement dans ces moments -là, durant les trois mois que je vécus chez mes parents en pleine campagne, je retournais au plus profond de moi dans un endroit en paix. J’offrais tout. Un jour, alors qu’à nouveau une tension énorme remontait encore en moi, cette fois, je capitulai. Je dis et fis en mon cœur « Que Ta volonté soit faite ». Et je lâchais. Plutôt, « ça » lâcha en moi, complètement. La paix en moi se révéla alors plus clairement encore, complète, parfaite.
Cette fois, elle resta mais d’une manière beaucoup plus subtile et profonde qu’avant.
Mais avec le temps, elle s’en alla encore une fois, ou plutôt, les voiles se remirent en place. Toutefois, à chaque fois que je me recentrais, et c’est là la différence radicale, la Paix était devenue accessible. Elle était toujours là.
Désormais, je pratique sans relâche cette seule pratique : que Ta volonté soit faite. Qu’il en soit ainsi ou encore, très bien c’est ce qui est. Maintenant, que puis-je faire ? Que me demande la vie ? Ce devint ma seule pratique, avec la conscience du corps, la conscience de la lumière sur son corps4 et la méditation sans objet. Plus important encore à mon sens, la Voie était désormais quelque chose de vivant, en moi. Ce n’était plus quelque chose d’externe mais désormais une énergie puissante à l’intérieur. La Vie elle-même.
Aujourd’hui, je sais que la Paix est là. Je la sens. Mais j’ai mis du temps à voir et à expérimenter d’autres aspects. J’ai mis aussi du temps à intégrer vraiment tout cela mais je me suis rendu compte de plusieurs aspects.
Le premier est la confiance. Globalement, la confiance est toujours là et c’est d’ailleurs plutôt une foi, sans objet, sans but, sans fin (et sans religion). C’est là, point. Deuxièmement, et c’est un point très fort en moi : je sais que je ne suis jamais seul. Je ne me sens plus jamais « abandonné » ni démuni. Je suis toujours en lien avec le Divin, relié. Bien sûr, j’ai encore des tourments parfois, des challenges à relever. Mais le Divin en moi est toujours accessible. Je le sens. Alors, je prie, je lâche, je continue et je ne perds plus l’équilibre car je sens cette Paix. Troisièmement, mon sens du service et d’être relié aux autres est très fort. Cela ne m’empêche pas d’aimer être seul (étant donné que je ne me sens jamais seul, c’est toujours au contraire très ressourçant pour moi) mais ma perspective a complètement changé. D’autre part, le pouvoir du mental n’est plus le même. Les pensées sont là mais je peux me relier à ma profondeur et les relâcher. Parfois, celles-ci sont plus tenaces mais ma foi étant ancrée dans…l’Être ? Le Divin ?, cela lâche et je continue mon chemin. Qu’importe ce qui arrivera, je ne suis jamais seul. »