Extrait Claudette Vidal

Claudette Vidal

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Extrait du livre téléchargeable TEMOIGNAGES CONTEMPORAINS SUR L’EVEIL:

« Je fais la connaissance de Gangaji au travers de ses vidéos. Dès le premier visionnement, je sais qu’elle sait. Je suis obnubilée par la qualité de sa présence. Je suis peu attentive à ses mots, je suis fascinée par le silence d’où surgissent ses mots. Je sais qu’elle a percé le mystère qui m’habite. Je dois la rencontrer. Comme elle offre une retraite sur l’ennéagramme à Vancouver, je m’y inscris.
L’ÉVEIL
Désidentification au corps, aux émotions et au mental
À la fin de la première journée du séminaire avec Gangaji, je fais une indigestion aiguë. La douleur est tellement intense que je crois que je vais mourir. Ma tête veut exploser et mon estomac se tord de douleur. Je me sens épuisée, vidée. Il y a un miroir au-dessus du lavabo où je tente de trouver un quelconque soulagement. Je regarde dans le miroir et je vois mon visage. Soudainement, je réalise que je ne suis pas ce corps. Je comprends que le corps et moi sommes deux choses différentes. Puis… ça se détend dans le corps. Tout reprend sa juste place. Je me surprends à faire des grimaces dans le miroir et à sourire. Les maux de tête et d’estomac s’arrêtent sur le champ. J’imagine que ce corps pourrait s’étaler par terre, sans vie, que cela ne m’empêcherait pas de continuer à faire des grimaces et des clins d’œil amusés en étant hors du corps. Je suis désidentifiée du corps. Réaliser que le corps et moi sommes deux entités distinctes est maintenant une évidence. Jusqu’à présent, je ne le savais qu’intellectuellement.
Le lendemain, nos instructeurs Gangaji et son mari Eli décrivent le type d’ego dans lequel je suis fixée. Je me sens très interpellée, bouleversée. Je ressens beaucoup de haine et de mépris pour moi et les autres. Je ne suis plus que ça. Puis… durant la journée, les émotions se dissipent, je retrouve le calme et la sérénité. Je suis désidentifiée de mes émotions.
Venant de nulle part, des paroles s’élèvent en moi pour dire : « C’est la deuxième étape ». J’ai alors compris que la désidentification du corps était la première étape, celle des émotions, la suivante.
Le lendemain, Gangaji s’adresse aux participants d’une façon différente des précédentes. Son ton est plus solennel. Je suis très attentive. Elle nous demande de faire ce que son maître lui a jadis demandé et qui lui a permis de retrouver sa vraie nature. Elle nous demande « d’arrêter de penser ». Au moment où elle dit cela, j’arrête instantanément. J’avais parcouru cinq mille kilomètres pour élucider le grand mystère de la vie, pas question de ne pas me conformer aux requêtes. Tout en étant attentive à ce qu’elle dit, mon esprit est au point zéro, immobile. Je n’ai plus une seule pensée. Je suis calme et je prends conscience d’un vide sidéral. Je ne sais pas ce qu’est le vide sidéral, mais c’est l’expression qui me vient spontanément. Absence de tout, plein de vie, pourrait le décrire. Il n’y a rien, vraiment rien.
Je ne savais pas ce qui allait se passer par la suite et ne m’en inquiétais nullement. J’étais fascinée par ce silence intérieur profond et apaisant.
La nuit suivante fut quelque peu étonnante. Dans une sorte de rêve éveillé, j’ai l’impression de découvrir un truc inhabituel, riche et captivant. Ce truc c’est moi. Je découvre la potentialité de qui je suis. Je m’amuse avec moi m’amusant à m’amuser avec moi en train de me voir m’amuser… Je m’émerveille devant l’ampleur infinie des possibilités qui s’offrent à moi. Tout est possible, vraiment tout ! Je découvre le royaume des possibilités de l’Être, c’est grandiose. Je suis fascinée par cette découverte. La Source devient consciente d’elle-même avec ravissement. Fini de jouer à cache-cache avec moi. Je me révèle le secret que je m’étais caché depuis si longtemps. Je peux désormais reconnaître la splendeur de qui je suis, sans fausse modestie. J’étais cela depuis toujours, mais je ne le voyais pas.
La plénitude de l’instant présent prend toute la place. Je ne suis plus dans le moment présent, je suis le moment présent. Tout est fluide, simple et parfait. Je suis rentrée à la maison. Je comprends intérieurement ce que voulaient dire Krishnamurti, Bouddha, Ramana Maharshi et les autres maîtres spirituels. Je le comprends intimement et profondément.
Tout est vide et plein à la fois. Je ressens une plénitude tranquille que des bulles de joie et d’amour viennent parfumer occasionnellement. Je suis d’une insouciance enfantine et d’une vastitude infinie. Je vois l’amour et la beauté dans chaque brin d’herbe et dans l’immensité du ciel bleu. Une grande simplicité et une ouverture totale prennent place dans l’espace que j’appelle « moi ».
Disparition du « moi », tout est espace
Un soir, quelques semaines après ma rencontre avec Gangaji, j’ai de la difficulté à m’endormir. Mon attention se dirige naturellement vers une souffrance que je porte. À cet instant, je crois que la source de ma souffrance est la personne qui m’a agressée verbalement quelques heures plus tôt. En mettant mon attention sur l’agresseur apparaissant maintenant dans mon esprit, je réalise que je suis cet agresseur. L’essence de l’agresseur et celle de l’agressée est identique. C’est moi. Je suis la Vie qui anime ces deux personnages dans mon esprit.
Ensuite, mon attention se porte sur des dizaines d’identités vivant des souffrances différentes : misère, impuissance, révolte, frustration, peur, etc. Je vois que sous ces différentes formes de souffrance, l’essence est la même, c’est moi. Je suis Source et toutes les formes de souffrance sont mon expression. Ce monde de souffrance, c’est l’enfer. Tout y est noirceur, mal-être et désolation. Après avoir reconnu que toutes les souffrances sont une expression de qui je suis, tous les jugements s’estompent et la souffrance disparaît.
Après l’enfer, un espace paradisiaque apparaît. Dans cet espace, tout est beau, positif et joyeux. Là aussi je réalise que quelle que soit la forme que prend la beauté, elle est l’expression de qui je suis. Un ressenti de paix et d’ouverture infinie conclut cette expérience.
Le lendemain matin au réveil, je me sens bizarre, différente. Après quelques instants, je réalise que je ne suis qu’espace, un espace infini. La chose « moi » qui avait occupé l’espace jusqu’à présent a disparu. C’est joyeux et grisant de bouger dans l’espace et de sentir que mes jambes marchent dans le vide. Je touche ma jambe pour tenter d’éprouver une sensation habituelle, mais la sensation est différente. Il y a bien un ressenti, mais je ne me sens pas concernée.
Avant j’étais une personne, maintenant « je suis personne ».
Je suis
La dernière expérience importante en lien avec l’éveil à Soi se déroule un mois après ma rencontre avec Gangaji. Après avoir lu quelques pages d’un de ses livres, j’ai envie de me détendre et de fermer les yeux. Soudainement, une multitude de faisceaux de lumières qui semblent prendre naissance au centre de ma poitrine explosent dans tous les sens. Une gigantesque quantité d’énergie s’en dégage et s’élance vers les univers les plus éloignés. C’est d’une puissance et d’une ampleur prodigieuse. Je suis témoin d’une explosion atomique intersidérale. Les mots amour, félicité et joie ponctuent les jaillissements de lumières multicolores. Je baigne dans un océan d’amour. Le lendemain matin, une petite voix intérieure me dit : « la recherche est terminée, découvre maintenant ». »